Poules élevées en batterie…

Publié: 26 juillet 2012 dans Poules élevées en batterie

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En France, 80% des poules élevées pour leurs oeufs sont élevées en cages.

Ces oiseaux sont enfermés dans de petites cages grillagées, alignées en batteries sur plusieurs niveaux – jusqu’à 8 étages – dans des hangars aveugles pouvant contenir simultanément jusqu’à 70 000 oiseaux

En Europe, plus de 80% des poules élevées pour leurs oeufs sont détenues dans des cages de batteries. En France, près de 38 des 47 millions de poules pondeuses sont ainsi retenues enfermées dans un environnement appauvri à l’extrême et un espace de vie ne dépassant pas la surface d’une feuille de format A4. Dans ces conditions de privations intenses, les poules pondeuses endurent un an de détresse physiologique et comportementale.

Les cages en batterie présentent une incompatibilité irrémédiable avec les besoins essentiels des oiseaux.

Contrairement à une idée reçue, les poules pondeuses ne sont pas les femelles des poulets « de chair ». Il s’agit de deux races différentes, sélectionnées en fonction de leur vitesse de croissance (poulets) ou de leur propension à pondre beaucoup d’oeufs (pondeuses). Ainsi comme ils ne sont pas considérés comme rentables pour la production de poulets de chair, les poussins mâles des races de poules pondeusessont triés après l’éclosion, puis tués par gazage ou par broyage.

A l’âge de 4 mois, les femelles destinées à l’élevage intensif sont enfermées par groupe de 4, dans de petites cages, alignées en batteries sur plusieurs niveaux – jusqu’à 8 étages – dans des hangars aveugles pouvant contenir simultanément jusqu’à 70 000 oiseaux.

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Les cages de batterie sont si petites que les poules ne peuvent ni ouvrir leurs ailes, ni marcher ou se retournerChacune d’entre elles ne dispose en largeur que d’une dizaine de centimètres, et passe son existence dans un espace de 550 cm2 environ, ce qui représentemoins que la surface d’une feuille de papier A4. Des études se sont penchées sur l’espace requis pour permettre à chaque poule d’exprimer leurs comportements primordiaux. Pour exécuter ces mouvements, la surface moyenne nécessaire varie entre 475 cm2 (se tenir debout) à 1876 cm2 (battre des ailes). Dans une cage de batterie conventionnelle, à part se tenir debout sur leurs pattes, les poules disposent d’un espace vital trop restreint pour satisfaire aucun autre de leurs besoins.

Un environnement déficient et une forte promiscuité peuvent engendrer des comportements de picage des plumes et de cannibalisme. Outre la ponte, la seule activité possible est une violence plus ou moins exacerbée au sein de groupes trop à l’étroit. Afin de prévenir ces comportements aberrants, de nombreuses poules sont débecquées à la lame chauffante quelques jours après leur naissance. Cette opération réalisée sans anesthésie, courante dans tout type d’élevage, provoque des souffrances intenses, et souvent durables. En effet, à la suite de cette mutilation, les oiseaux mangent moins et perdent du poids pendant plusieurs semaines. Le tissu nerveux continue à se développer et forme un névrome (excroissance très sensible) plus ou moins important qui les gène douloureusement pour manger.

Santé fragilisée, corps mutilés

Sélectionnées et poussées à pondre à la cadence la plus intensive, les poules pondent aujourd’hui près de 300 oeufs par an. Ces rythmes de ponte imposés par la production accaparent pour la formation des coquilles les ressources en calcium présents dans l’organisme des poules. Dans l’impossibilité d’entretenir la solidité de leurs os au moyen d’exercice physique, les poules souffrent d’ostéoporose qui cause 30 à 35 % des décès survenant en cages de batterie. La pathologie évolue, chez les oiseaux affectés, en paralysie occasionnant souffrances, amaigrissement et lente agonie.

Une étude de l’Université de Bristol (Grande Bretagne) a révélé que 24% des poules de batterie subissent des fractures lorsqu’elles sont sorties des cages et chargées dans les camions.

En élevage industriel, la vie ou la santé de chaque animal compte d’autant moins que la part du profit global à laquelle il contribue est faible.

Le prix de vente par oiseau de ces poules de réforme est faible : trop mutilés, les corps ne peuvent pas être vendus comme viande. Ils sont par exemple destinés à la fabrication d’aliments pour chiens ou chats, aux « bouillons cube », ou au fourrage des raviolis…

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